lundi 23 avril 2018

Waouh










Elle exprime la joie, la surprise ou encore l'émerveillement. L'interjection a conquis le monde entier, jusqu'à remplacer certaines locutions de notre vocabulaire. Mais d'où vient cette onomatopée au confluent labial du «oh» et du «ah» ?
C'est une interjection mondiale: «Waouh!» Mais elle a envahi surtout deux domaines. Celui de la publicité, où sa brièveté s'accorde bien à l'air du temps et à l'efficacité du message: «Waouh! Ton drap est bien plus blanc que le mien!». Celui des films, traduits ou sous-titrés, en provenance des États-Unis: «Waouh! Quelle superbe voiture!».
C'est par la langue anglaise que le mot nous est revenu. Le verbe «To Wow» signifie impressionner, épater et «A Wow» est un succès. On dit couramment: «It's a wow» pour dire que le spectacle est sensationnel. Depuis 1972, le Québec a assimilé dans la langue française le mot en l'orthographiant «Waouh», «Waou» ou «Ouah».
L'année suivante la France l'adopte à son tour, mais ce n'est qu'en 1996 qu'on le signale de cette façon dans le Dictionnaire usuel. Autrement dit, on ne doit plus sursauter en l'entendant utiliser, c'est bien une interjection française.
L'interjection est souvent subjective, elle traduit par un mot un sentiment: «Ouf!» pour le soulagement, «Zut!» pour la déception. La langue évolue et nous pouvons donc remplacer, si nous en avons envie - aucune obligation -, par «Waouh» ou le délicieux «Mazette», qui a le même sens et tant de charme désuet...






samedi 21 avril 2018

Découvertes subjectives



Découvertes : ce qui a retenu notre attention
la semaine écoulée. Sans commentaires 
ni biographies. Mais en toute
subjectivité, comme à l'usage.



Balthus. La peur des fantômes, 1933

 
Rodin. Etude de danseuse nue, vers 1900

Fernand Toussaint, 1934

Chagall. Ponts sur le Seine, 1954

Magritte. Valeurs personnelles, 1952

 Rose Cavalié. Rose 'n Crown 7, 2017

R.Cavalié commente souvent sur Nuage. Elle est peintre. Nous venons de découvrir il y a peu ses toiles. Nous vous incitons à activer le lien pour découvrir une partie de son oeuvre.





vendredi 20 avril 2018

Paul CELAN se jette dans la Seine le 20 avril 1970








Paul Celan se donne la mort en se jetant dans la Seine, du pont Mirabeau, le 20 avril 1970. Dans un poème longtemps inédit, daté du 4 août 1969, il écrit ces vers :



Tu jettes après moi, un noyé,
de l’or :
peut-être qu’un poisson
se laissera soudoyer

Mort, donne-moi
Ma fierté



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jeudi 19 avril 2018

Les grands titres classiques







Un libraire, Jean-Baptiste Mus, dessine les perles de ses clients. 

C'est très drôle






Un bel hommage à "Les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand.








Le barbier de Séville • Pierre-Augustin Caron De Beaumarchais



Fantômette fait tout sauter - Georges Chaulet





L'école des femmes - Molière





Da Vinci Code - Dan Brown








L'Iliade et l'Odyssée - Homère



Et la palme revient à :













mercredi 18 avril 2018

Henri Michaux.





Je rêvais que je dormais

Je rêvais que je dormais.
Naturellement, je ne me laissais pas prendre, sachant que j’étais éveillé, jusqu’au moment où, me réveillant, je me rappelai que je dormais.
Naturellement, je ne me laissais pas prendre, sachant que j’étais éveillé, jusqu’au moment où, m’endormant, je me rappelai que je venais de me réveiller d’un sommeil où je rêvais que je dormais.
Naturellement, je ne me laissais pas prendre, sachant que j’étais éveillé, jusqu’au moment où, me réveillant, je me rappelai que je dormais.
Naturellement, je ne me laissais pas prendre, jusqu’au moment où, m’endormant, je me rappelai que je venais de me réveiller d’un sommeil où je rêvais que je dormais.
Naturellement, je en me laissais pas prendre, jusqu’au moment où, perdant toute foi, je me mis à me mordre les doigts de rage, me demandant malgré la souffrance grandissante si je me mordais réellement les doigts ou si seulement je rêvais que je me mordais les doigts de ne pas avoir si j’étais éveillé ou endormi et rêvant que j’étais désespéré de ne pas savoir si je dormais, ou si seulement je … et me demandant si …
Et ainsi d’insomnies en inutiles sommeils, je poursuis sans m’abandonner jamais un repos qui n’est pas un repos, dans un éveil n’est pas un éveil, indéfiniment au guet, sans pouvoir franchir la passerelle quoique mettant le pied sur mille, dans une nuit aveugle et longue comme un siècle, dans une nuit qui coule sans montrer de fin. 




Henri Michaux

In La nuit remue
1935      









Eugène DELACROIX
Le Tasse dans la maison des fous


Torquato Tasso, connu en français sous l'appellation le Tasse (en italien, il Tasso), est un poète italien, né le 11 mars 1544 à Sorrente (région de Campanie, Italie), mort le 25 avril 1595 à Rome passé à la postérité pour son immortelle épopée, La Gerusalemme liberata (La Jérusalem délivrée, 1580), où il dépeint une version très romancée des combats qui opposèrent les Chrétiens aux Musulmans à la fin de la Première Croisade, au cours du siège de Jérusalem.
Atteint vers 30 ans d'une maladie mentale, il mourut alors que le pape allait le couronner « Roi des poètes ». Jusqu'au début du XIXe siècle, Le Tasse fut l'un des poètes les plus lus en Europe : Jean-Jacques Rousseau fut un de ses admirateurs ; il aimait lire et relire Le Tasse, dont il cite un vers dans Les Rêveries du promeneur solitaire. Auguste Comte en fit le représentant de la littérature épique moderne dans son calendrier positiviste, et Simone Weil voyait dans La Jérusalem Délivrée l'une des plus hautes expressions de l'espérance chrétienne.
 



mardi 17 avril 2018

La foi en l’Homme : tel est le "Ce que je crois" de Jacqueline de Romilly


Jacqueline Worms de Romilly, helléniste, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l’Académie française
© Louis Monier



L’homme conservera-t-il la liberté qui conditionne l’humanisme moderne ? 

"Ce que je crois" est un livre écrit par Jacqueline de Romilly dans les années qui suivirent les événements de mai 1968. Au malaise qui envahit alors notre société, cette grande dame de l’Académie Française oppose le remède d’une vie consacré aux textes de la Grèce ancienne et à leur enseignement. Elle y puise encore ses raisons d’aimer la vie. 

Nous sommes dans les années soixante-dix, au lendemain des événements de mai 68. Jacqueline de Romilly, est alors professeur à la Sorbonne (elle entrera à l’Académie Française en 1989). Portant son regard sur une société en crise elle écrit « Ce que je crois ». Son livre ne sera publié qu’en 2012 après qu’elle s'est éteinte en 2010. Son témoignage sur l’après 68 apporte le recul d’une vie consacrée à la civilisation de la Grèce antique et à sa littérature. 

Il faut sauver le soldat Thucydide

Jacqueline de Romilly avait fait sa thèse de doctorat sur Thucydide, le grand historien grec ayant vécu et relaté la guerre du Péloponnèse. Il occupe à ses yeux une place privilégiée et compte parmi les écrivains qui lui ont conservé une assise morale dans les périodes difficiles qu’elle a traversées. Il fut, à ses yeux, le premier à s’efforcer de comprendre : « Si chacun dans son métier, dans son domaine, s’efforçait de comprendre, de voir ce qui va mal, de trouver mieux, peut-être le monde craquerait-il moins » écrit-elle. Voilà bien l’idéal à sauver, cet effort loyal et obstiné pour comprendre. Il engage notre liberté plus encore que l’opposition entre le bien et le mal car il confronte chaque instant de l’esprit à une lutte entre lucidité et passivité. 

Un humanisme moderne 

Les connaissances évoluent, en champ de vision, et en profondeur, en complexité. Le temps n’est plus où, dans l’indivis du savoir, les sciences encore jeunes pouvaient s’unir et se combiner. Or « Vouloir comprendre exige que tout se tienne, comme dans la pensée platonicienne, et que la science n’aille pas sans une morale, une esthétique, une métaphysique. » 
L’important est d’en conserver l’idéal, ne serait-ce que pour tendre vers cette unité perdue. Plus encore que la lutte entre le bien et le mal, l’obstination à comprendre requiert à chaque instant un engagement de notre liberté, car à chaque instant, elle nous place devant le choix d’abandonner ou de poursuivre l’effort. Pour Jacqueline de Romilly, elle se confond avec « l’humanisme moderne qui est, en définitive, une morale de la liberté. » 


Les nouveaux dangers 


Les découvertes sur l’inconscient ont montré les limites de la lucidité. De son côté la nouvelle donne du matérialisme historique jette une ombre sur la capacité de jugement. Cela se passe à un moment où l’individu est de plus en plus soumis à la pression des groupes. 
Face à de tels risques, Jacqueline de Romilly s’interroge : l’homme va-t-il pouvoir tenir bon, sauvegarder son autonomie, l’exercice de la liberté, tout ce qui, selon elle, conditionne un humanisme moderne ? 


Au-delà du savoir : la lumière

Nous sommes en deuil de la belle unité que proposait le savoir grec. Au moins devons-nous le garder comme modèle. Notre science est chaque jour contrainte de se remettre en question. Elle court après une grande unification qu’elle n’atteindra sans doute jamais. C’est pourtant ce qui la fait avancer : en avoir sauvegardé l’ambition. Voilà déjà ce que nous retenons de ce crédo. Non pas l’adhésion à un savoir ancien, aujourd’hui balayé par notre savoir moderne, mais une foi en l’homme, en sa vocation de comprendre ; même si cette démarche voit indéfiniment son horizon se dérober ; même si, indéfiniment, de nouvelles incohérences imposent de nouvelles révisions ou font surgir de nouvelles disciplines. 


Telle que nous l’avons héritée du monde grec, nous devons conserver cette foi en l’homme. Elle n’est pas de l’ordre du savoir, elle le précède. Pas plus que les conquêtes du savoir ne doivent nous griser – comme au temps du rationalisme triomphant –, ses tâtonnements et ses échecs ne doivent nous faire douter. Le savoir est moins important que cette marche vers le savoir et l’aspiration dont elle est porteuse. Jacqueline de Romilly rapproche Platon rêvant « la vie de l’âme séparée du corps et admise à la contemplation des mystères divins » et la foi de François Mauriac lorsqu’il écrit « Moi aussi je crois à la lumière ». Et de conclure : « Je sais – je sais même très bien ! – que les hommes sont loin d’être admirables. Je sais aussi – et d’expérience – que la vie n’a en général rien de resplendissant. Mais si cette lumière existe, sous une forme ou sous une autre, dans une vie ou bien une autre, je crois, très fermement, que cela rachète bien des choses. » 




dimanche 15 avril 2018

Le dimanche etc...














































...les G.A.M.B.'
Grace, Audrey, Marilyn et Brigitte



































Audrey et Colette, pour Gigi






























































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Suggestion de qualitatifs à adresser à qui bon vous semblera :