lundi 27 mars 2017

Jean Tardieu – Le dilemme






Le dilemme    


J’ai vu des barreaux
Je m’y suis heurté
C’était l’esprit pur
J’ai vu des poireaux
Je les ai mangés
C’était la nature
Pas plus avancé !
Toujours des barreaux !
Toujours des poireaux.
Ah ! que je voudrais
Laisser les poireaux
Derrière les barreaux
Et partir ailleurs


Jean TARDIEU





...Et partir ailleurs













dimanche 26 mars 2017

Le dimanche il n'y a pas photo



Un document vidéo peu connu: 
L'histoire de la mode par Serge Gainsbourg







*    *    *

COLETTE. Quand Sidonie-Gabrielle bougonne...



ColetteEntretien radiophonique, 1950 


"Les lettres d'amour, on devrait pouvoir les dessiner, les peindre, les crier."


 *   *   *

« Il y a un mois environ que je suis à Casamène, - un mois que Renaud gèle, là-haut, tout en haut de l'Engadine. Ce n'est pas du chagrin que j'endure, c'est une espèce de manque, d'amputation, un malaise physique si peu définissable que je le confonds avec la faim, la soif, la migraine ou la fatigue. Cela se traduit par des crises courtes, des bâillements d'inanition, un écœurement malveillant.
Mon pauvre beau ! Il ne voulait rien me dire, d'abord : il cachait sa neurasthénie de Parisien surmené. Il s'était mis à croire aux vins de coca, aux pepto-fers, à toutes les pepsines, et un jour il s'est évanoui sur mon cœur... Il était trop tard pour parler de campagne, de régime doux, de petit voyage : tout de suite, j'ai deviné, sur des lèvres réticentes du médecin, le mot de sanatorium... » 


COLETTE
in La Retraite Sentimentale


*    *    *



















samedi 25 mars 2017

C.Angot, bientôt " nobélisée " ?





Il y a du Chateaubriand, du Hugo chez cette immense poétesse qui fait l'horreur l'honneur du roman français contemporain. Mots crus, absence de style, récit de dialogues sans intérêt; exemple :





"On faisait l’amour, on jouissait. Il me prenait dans le vagin mais par-derrière, en me demandant de serrer mes jambes et de croiser mes chevilles."

Comme Christine Angot refusait la sodomie, elle "écrit":

 "Il était un peu déçu, mais il ne se trompait pas de trou." (…) 

"Il me prenait, me mettait dos à la fenêtre, essayait de baisser mon pantalon pour introduire sa queue, en m’immobilisant contre le mur et la fenêtre. Ou alors j’étais à mon bureau, il la sortait et la mettait devant ma bouche. – Bruno non, non, je te dis. Pas maintenant. Pas comme ça. – Si. – Non Bruno, je ne veux pas. Pas comme ça. – Allez, juste un petit peu."

Christine Angot
in Le marché des amants



Joyce Mansour



________ Joyce Mansour (1928-1986) est une poétesse juive égyptienne liées aux surréalistes, plus particulièrement à André Breton. Et, ce qui ne gâche rien, championne de course à pied!











Un œuf sur le toit
Racontait ses amours
Aux seins doux et fétides
De la nuit.
Un œil de bœuf dans un trou
Hivernait incognito
Parmi les ours.
Et moi je tricotais sans laine et sans aiguilles
Les sous-vêtements de l’irréel
En attendant le Messie.





Photos de Joyce Mansour

vendredi 24 mars 2017

René Char. Le bâton de rosier, extrait






(...) Comme les larmes montent aux yeux puis naissent et se pressent, les mots font de même. Nous devons seulement les empêcher de s'écraser comme les larmes, ou de refouler au plus profond. Un lit en premier les accueille: les mots rayonnent. Un poème va bientôt se former, il pourra, par les nuits étoilées, courir le monde, ou consoler les yeux rougis. Mais pas renoncer.(...)
 



René Char
in Le bâton de rosier
Oeuvres complètes (Pléiade/Gallimard, 1983)

jeudi 23 mars 2017

Claude Roy. L’enfant qui a la tête en l'air






L’enfant qui a la tête en l'air




L'enfant qui a la tête en l'air si on se détourne, il s'envole. Il faudrait une main de fer pour le retenir à l'école.  L'enfant qui a la tête en l'air ne le quittez jamais des yeux: car dès qu'il n'a plus rien à faire il caracole dans les cieux.  Il donne beaucoup de soucis à ses parents et à ses maîtres: on le croit là, il est ici, n'apparaît que pour disparaître.  Comme on a des presse-papiers il nous faudrait un presse-enfant pour retenir par les deux pieds l'enfant si léger que volant.



Claude Roy





 ©Jean-Michel Folon

Jean-Michel Folon est un artiste bruxellois (1934-2005). Il a travaillé sur de nombreux matériaux et créé sous diverses formes : tapisserie, peintures, timbres-poste (en 1982, la poste française édite deux timbres illustrés par l'artiste), décors de théâtre, etc...

Il créa, en collaboration avec le compositeur Michel Colombier, le générique d'ouverture et fermeture de la chaîne de télévision Antenne 2, diffusé entre 1975 et 1984, où ses bonshommes (L'homme au chapeau est une ligne maîtresse dans son oeuvre) en imperméables s'envolent autour d'un soleil sur une très mélancolique cantilène pour hautbois et orchestre. C'est probablement son œuvre pour la télévision la plus connue.




lundi 20 mars 2017

Youpi! C'est l'printemps (*)
















(*)  "Youpi ! C'est l'printemps" est un hommage non dissimulé à Georges Wolinski, auteur de la formule. 

dimanche 19 mars 2017

Le dimanche il n'y a pas photo





































Et vous ?




4-19 mars, le Printemps des Poètes s'achève. Une fragile sélection de tendresse






Sur le bout des doigts 

Je compte les jours
Sur mes doigts
J'y compte aussi mes amis
Mes amours
Un jour
Je ne compterai plus que mes doigts
Sur mes doigts 


Paul Vincensini



Salvador DALI
La main (Les remords de conscience) 
1930
________


          
Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle


          Où c’qu’est la ‘tit’ minoiselle,

          La florette des minous,
          La mignote si joiselle 
          Qui florissait parmi nous ?


Norge