samedi 16 décembre 2017

Macron Turns 40, Hardens His Heart


Arthur Goldhammer  (clic)     


On lira ci-dessous l'article de ce matin publié par Art. Goldhammer sur son blog French Politics . 






 An American observer comments on French politics.



Emmanuel Macron is celebrating his fortieth birthday at the Château de Chambord, surrounded by hunters chasing wild boar. It's an injudicious choice for a president who has made much use of the power of symbolism, unless of course he wants to project a Jupiterian power ensconced in a proper seat, or throne.

Meanwhile, he is projecting power of a different kind, cracking down on refugees in makeshift shelters and welcome centers, which the immigration police have allowed themselves to enter for the first time. He would prefer, however, that we refer to "migrants" rather than "refugees." Because apparently the president's policy on immigration is that France remains a "land of asylum" but only for those officially classified as "refugees" before entering Europe. The rest are unwanted migrants who are liable to arrest and deportation.

So while Angela Merkel labors to persuade her reluctant European partners to share the refugee burden more equitably, Macron is setting a very different example, demonstrating that on his watch France is going to take a very tough stand indeed. Which can only encourager les autres to defy Merkel as well. This--far more than the reform of the labor code--is the unattractive side of Macronism.

Meanwhile, François Bayrou, who has kept a low profile since his ouster from government, is apparently plotting a comeback as--listen well!--"the left wing of Macronism." Yes, you heard that right. Bayrou, Monsieur le Centre, sees himself as the left wing, the "social" wing, of Macronism. He is certainly right that such a thing is needed. Perhaps this refugee crackdown will give a chance to show what he means when he says that Macronism needs a social wing. Le Macronisme à visage humain remains to be defined.


Cross






Henri-Edmond Cross, pseudonyme d'Henri Edmond Joseph Delacroix, est un artiste-peintre et lithographe français pointilliste proche du mouvement libertaire, né à Douai le 20 mai 1856 et mort à Saint-Clair au Lavandou le 16 mai 1910.









 Le nuage rose, 1896



Etude pour scène de corrida, 1893




L'air du soir



Paysage, 1893-96



Paysage à Pardigon











Les îles d'or


La maison rose, 1901-05














Billet






Cédons une fois encore à nos mauvais penchants, pour constater qu’en matière de justice politico-médiatique, le "deux-poids-deux-mesures" règne en maître. Lors des polémiques sur les conditions fulgurantes, concertées et parfaitement inhabituelles, dans lesquelles avait été lancée l’opération judiciaire de destruction de la candidature Fillon à la présidentielle, le premier président et le procureur général de la Cour de cassation, pour justifier la célérité compulsive du parquet national financier (PNF) et du Pôle du même nom, nous avaient expliqué, dans un communiqué commun qui constituait une grande première, qu’en matière de procédure c’était chacun son rythme. Effectivement, chacun son rythme. On sait depuis plusieurs mois que le déplacement à Las Vegas du candidat Macron aurait donné lieu à la commission d’un délit de favoritisme. L’organisation en avait été confiée à une agence sans mise en concurrence et en violation des règles du code des marchés publics. D’autres informations ont filtré dans la presse selon lesquelles madame Muriel Pénicaud, aujourd’hui ministre du Travail, aurait quelques comptes à rendre. Le dossier qui, paraît-il, comprendrait en plus quelques éléments préoccupants concernant le financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, dort d’un sommeil paisible.
Concernant celui de MM. Urvoas et Solère, les faits seraient connus depuis le 26 juin, et le parquet de Versailles les aurait transmis… le 5 décembre dernier au procureur général de la Cour de cassation qui a la compétence pour saisir la Cour de justice de la République !
Tout doux, chacun son rythme on vous dit. Et puis, ne soyons pas de mauvaise foi, regardez pour Richard Ferrand, le classement sans suite est arrivé très vite.
pcc Régis de Castelnau


vendredi 15 décembre 2017

Macron. Mais qui donc est cette Mireille ?





Un compatriote signale une bourde qu'aurait commise le président lors de son discours d'adieu à Jean d'Ormesson... sans que personne, apparemment, crût bon de la relever dans les médias. Il a en effet attribué la formule « Tous tes amis sont là » (1) à une certaine Mireille que le bataillon ne connaît point. C'est en réalité Eugénie Krantz, ancienne artiste de music-hall et ultime maîtresse du poète, qui a lancé ce cri resté célèbre au point d'être régulièrement pillé depuis lors.

On se gardera bien, en l'occurrence, de jeter la pierre à madame Macron, laquelle, en sa qualité d'ancienne prof de lettres, eût dû mettre au parfum un époux par trop occupé à encenser le disparu.

On peut en revanche complimenter sans réserve aucune le lanceur d'alerte, monsieur Guy Fontaine, bien connu pour avoir, entre autres choses, été à l'origine de la Villa Marguerite-Yourcenar (2), résidence pour écrivains européens sise sur les pentes du mont Noir.




À quelle Mireille pensait donc le président Macron ? À celle du Petit Conservatoire de la chanson ? À Mireille Darc, disparue il y a peu ? À force de fréquenter le « showbiz », il est inévitable que l'on finisse par s'emmêler un brin les pinceaux...



C'est Jean d'O qui a dû se marrer dans son cercueil et regretter amèrement de n'en pouvoir faire un billet dans son cher Figarôôô ! Nous nous serions régalés.




(1) formule adressée, comme on le sait, à Paul Verlaine à l'occasion de ses funérailles;

(2) La villa Marguerite-Yourcenar ou villa du Mont-Noir est un manoir de style néo-normand, construit dans les années 1930 sur le domaine de l'ancien château de Crayencour, détruit durant la Première Guerre mondiale. Propriété de sa famille depuis sa construction en 1824, la romancière et académicienne Marguerite Yourcenar vécut dans ce château les neuf premières années de sa vie, de 1903 à 1912.

La villa est située dans un parc départemental de quarante hectares, sur le Mont-Noir (monts des Flandres) à Saint-Jans-Cappel, en Flandre française. En 1997, elle est aménagée en « centre de résidence d’écrivains européens ». Labellisée Maisons des Illustres, son parc est classé espace naturel sensible. Elle est reliée au musée Marguerite-Yourcenar.




jeudi 14 décembre 2017

EMILE VERHAEREN. Fin d'année







Emile Verhaeren




Fin d'année

Sous des cieux faits de filasse et de suie,
D'où choit morne et longue la pluie,
Voici pourrir
Au vent tenace et monotone,
Les ors d'automne ;
Voici les ors et les pourpres mourir.

Ô vous qui frémissiez, doucement volontaires,
Là-haut, contre le ciel, tout au long du chemin,
Tristes feuilles comme des mains,
Vous gisez, noires, sur la terre.

L'heure s'épuise à composer les jours ;
L'autan comme un rôdeur, par les plaines circule ;
La vie ample et sacrée, avec des regrets sourds,
Sous un vague tombeau d'ombre et de crépuscule,
Jusques au fond du sol se tasse et se recule.

Dites, l'entendez-vous venir au son des glas,
Venir du fond des infinis là-bas,
La vieille et morne destinée ?
Celle qui jette immensément au tas
Des siècles vieux, des siècles las,
Comme un sac de bois mort, l'année.


Emile VERHAEREN
In Toute La Flandre
1904-1911







mercredi 13 décembre 2017

Hanouka





La fête de Hanouka commence cette année le soir du 12 décembre et se poursuivra jusqu'au 20 décembre.
Pour les Juifs, Hanouka est la fête des lumières.
La pratique la plus célébrée est l'allumage des huit bougies.




Un peu d'explications sur Hanouka

Pour les juifs, Hanouka est la fête des lumières. La pratique la plus célèbre liée à cette fête est l'allumage de huit bougies, qui a lieu chaque soir de la fête dans chaque foyer, en mémoire de cette fiole d'huile pure, retrouvée prodigieusement après la victoire du peuple juif contre les grecs, et dont l'huile a brûlé miraculeusement pendant huit jours, temps nécessaire pour fabriquer une nouvelle huile. 
L'allumage de la première bougie a donc lieu le permier soir et ainsi de suite chaque soir, de droite à gauche, jusqu’à la huitième bougie. 


La symbolique des bougies


Première bougie : la Hanoukia
Deuxième bougie : la lumière
Troisième bougie : le miracle
Quatrième bougie : Shabath
Cinquième bougie : l’héroïsme
Sixième bougie : la langue hébraïque
Septième bougie : la solidarité juive
Huitième bougie : la paix


  
Un peu d'histoire 
    
Le Talmud rapporte que les grecs avaient souillé intentionnellement et systématiquement l'huile destinée  à l'allumage de la ménorah. Ils ne l'ont ni utilisée, ni détruite. Quelle était donc réellement leur intention ?
Pour comprendre, il faut avant tout saisir la nature du conflit entre les juifs et les grecs. Les grecs ne désiraient pas la destruction physique des peuples conquis, mais voulaient les assimiler à leur culture. Ils n'interdisaient pas la pratique de la Torah, dont ils aimaient la sagesse et la beauté, mais ils la refusaient en tant que révélation divine transcendante. Ce principe était contraire à leur philosophie.
On comprend ainsi que les grecs désiraient que l'huile soit souillée. Ils signifiaient ainsi leur volonté que la lumière de la ménorah, symbole de la lumière de la Torah, ne relève pas d'une pureté spirituelle mais simplement du domaine humain.

mardi 12 décembre 2017

PROUST. A l'ombre des jeunes filles en fleurs, extraits






"Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne connaissons pas qu'elle vient de nous."

Marcel Proust
A l'ombre des jeunes filles en fleurs












trois clichés extraits du film tv de Nina Companeez, 2010



lundi 11 décembre 2017

ARAGON. Que la vie en vaut la peine

[initialement publié le 5 décembre 2016. Un an plus tard meurt Jean d'O.]


Ajout du 17 janvier 2016
Ce poème d'Aragon a été visité par 2030 lecteurs le 10 janvier 2016. Il est consulté depuis par un millier de visiteurs du monde entier.
Ajout du 9 décembre 2017

Ce poème d'Aragon a été consulté par plus de 10000 lecteurs le 6 décembre 2017. Les jours qui suivent cette date continuent de drainer des milliers de visites quotidiennes. Nul doute qu'Aragon ne s'attendait pas à telle fête! La mort de Jean d'Ormesson y est pour beaucoup...



***


Louis Aragon, dans une manifestation du P.C.F le 3 octobre 1971 à Paris. ©Photo Bloncourt.





Que la vie en vaut la peine

C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes.

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix.

D'autres qui referont comme moi le voyage
D'autres qui souriront d'un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages.

II y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
II y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant.

C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre.

Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement.

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté
Cet impossible choix d'être et d'avoir été
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.

Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie
Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard
L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part
Porté comme un enfant volé toute ma vie.

Malgré la méchanceté des gens et les rires
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
Qu'on vous oppose pour vous faire une prison
De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre.

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font.

Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche
L'entourage prêt à tout croire à donner tort
Indifférent à cette chose qui vous mord
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.

La cruauté générale et les saloperies
Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école
Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles
Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri.

Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait
De toute sa croyance imbécile à l'azur.

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.




Louis ARAGON 

In Les yeux et la mémoire 
– Chant II – 1954 -








Notes :

On rappellera qu’il s’agit ici de la version intégrale du poème d’Aragon. 

Ce poème est très souvent tronqué. Son titre est bien Que la vie en vaut la peine et non, comme souvent cité : C'est une chose étrange…
Ce poème est le 2ème chant du recueil Les Yeux et la mémoire, qui en compte quatorze.

Les Yeux et la mémoire, rédigé au plus fort de la Guerre froide, réunit des textes politiques et idéologiques faisant référence, d'un point de vue partisan, à des événements d'actualité, à des strophes dans lesquelles le Je lyrique s'adonne à des confessions personnelles et à des descriptions poétiques. 

Le poème constitue donc, en premier lieu, un document témoignant de la vision du monde et de l'auto vision de son auteur à ce moment historique qui suit la crise déclenchée, chez Aragon, par l'affaire de la publication du portrait de Staline, par Picasso, dans Les Lettres françaises (mars 1953). À côté de passages d'une poésie saisissante, ce poème en est l’exemple, l'ouvrage contient des séquences qui comptent parmi les textes les plus ouvertement communistes écrits par Aragon sous forme de poème, empreints d'un enthousiasme crédule susceptible de provoquer le hochement de tête du lecteur d'aujourd'hui.

C'est le premier vers de ce poème qu'utilise Jean d'Ormesson pour titrer son livre, paru en septembre dernier : C'est une chose étrange à la fin que le monde.