lundi 21 août 2017

Mirbeau. La grève des électeurs






Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t'arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d'avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d'humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l'envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n'as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.



Octave Mirbeau

in La Grève des électeurs
1888

 





La Grève des électeurs est le titre d’une chronique, d’inspiration clairement anarchiste, d'Octave Mirbeau, parue le 28 novembre 1888 dans Le Figaro





ci-contre: O.Mirbeau



samedi 19 août 2017

Magritte






Le 16 septembre, 1968




Georgette Magritte




Portrait de Stephy Langui




L'état de veille, 1958




La voix de l'espace, 1928




La belle captive, 1946. 




La bonne aventure, 1938




Le double secret, 1926




Le Miroir universel, 1928-1929




La Pensée visible, 1961




Le Banquet, 1957




La Vengeance, 1939




L'assassin menacé




Les objets familiers




Titre non trouvé. Pas par Magritte s'entend, par nous...




Le Principe de plaisir (Portrait of Edward James) , 1937



La femme chef, 1927




Souvenir de voyage, 1926




Métaphore, 1923




La victoire, 1939




Le visage du génie, 1926




Les enfants trouvés, 1968




L' Art de la conversation, 1963




Magritte. Photo colorisée de Duane Michals




René Gislain Magritte est né le 21 novembre 1898 à Lessines en Belgique dans une famille modeste. Son enfance sera marquée par le suicide de sa mère. A l'âge de quinze ans, il rencontre Georgette Berger qu'il épousera en 1922. Pendant toute sa vie, elle demeurera son unique modèle.
En 1915 Magritte s'installe à Bruxelles et réalise ses premières oeuvres de facture impressionniste. Il étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles de 1916 à 1918. Après une première période influencé par le cubisme, il s'oriente vers le surréalisme. Il travaille comme graphiste dans une usine de papiers peints.
Dès lors, son art tentera de démontrer que l'on n'entrevoit de la réalité que son mystère, si l'on sort de notre habituelle et routinière logique. Ses œuvres jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation.
De 1927 à 1930 il séjourne dans la banlieue parisienne et entre en contact avec le groupe. A l'atmosphère insolite de certaines réalisations surréalistes, Magritte ajoute toute une gamme d'objets familiers.
De retour en Belgique, il devient le chef de file des surréalistes belges. Entre 1951 et 1953, il décore d'une immense fresque le casino de Knokke-le-Zoute. Le reste de sa vie se passe en expositions belges et internationales...
Magritte meurt à Bruxelles le 15 août 1967, âgé de 69 ans, après avoir peint plus de 1000 toiles, ainsi que des gouaches et des collages. Son épouse léguera les oeuvres de son mari à diverses collections publiques belges.